Portrait professionnel : comment avoir des photos naturelles quand on déteste poser ?
Vous avez besoin de portraits pour votre site, LinkedIn ou vos supports de communication, mais l’idée de poser devant un objectif vous met mal à l’aise ? Vous n’avez pas besoin de devenir mannequin le temps d’une séance. Les expériences de Karine MIRLEAU et Julie Rebeix montrent qu’un portrait professionnel naturel se construit surtout avec de la préparation, un environnement cohérent et un accompagnement adapté.

En bref
Non, il n’est pas nécessaire de savoir poser pour obtenir de bonnes photos professionnelles. Lorsque vous n’êtes pas à l’aise devant l’objectif, le plus utile est souvent d’éviter de construire toute la séance autour de poses figées. Votre lieu de travail, vos gestes habituels, votre activité et les situations que vous vivez naturellement peuvent fournir une base beaucoup plus simple. La préparation permet également au photographe de comprendre ce que vous souhaitez dégager et de vous guider lorsque c’est nécessaire, sans transformer chaque image en posture imposée.
Karine n’aimait pas être photographiée
Karine MIRLEAU avait besoin de photos pour illustrer son activité professionnelle et son futur site. Pourtant, elle explique qu’elle n’est pas naturellement à l’aise devant un objectif et qu’elle avait mis du temps avant de se décider à réaliser cette séance.
Le travail n’a pas commencé directement par une série de portraits. Avant les prises de vue, Lorrie Vallier est venue découvrir son environnement de travail, parler de son métier, comprendre comment elle accueillait les personnes et ce qu’elle souhaitait transmettre à travers les images.
Les photos ont ensuite été réalisées dans son univers professionnel, avec des portraits mais également des scènes liées à sa pratique.
Karine résume le résultat avec une phrase particulièrement intéressante : « C’est vraiment des photos qui vivent, qui racontent une histoire. »
Ce retour montre une première chose : lorsqu’on n’aime pas poser, il peut être plus facile de construire la séance autour de ce que l’on fait plutôt qu’autour de la manière dont on doit se tenir.
Commencez par définir à quoi vont servir les photos
Avant de choisir une tenue ou un lieu, demandez-vous où vos portraits seront utilisés.
Une photo destinée à votre page LinkedIn n’a pas forcément le même rôle qu’une image destinée à la page d’accueil de votre site, à une brochure ou à une publication sur les réseaux sociaux.
Pour un profil professionnel, vous aurez probablement besoin d’un portrait où votre visage reste facilement identifiable. Pour un site internet, vous pouvez également avoir besoin de photos plus larges montrant votre environnement, vos gestes ou votre manière de travailler.
Cette question influence toute la séance.
Elle permet aussi d’éviter de se retrouver avec quinze jolies photos presque identiques alors que vos supports de communication nécessitent plusieurs cadrages et situations.
Le naturel vient souvent de ce que vous faites déjà tous les jours
Si vous êtes artisan, thérapeute, créateur, restaurateur ou consultant, votre activité contient déjà des gestes qui vous appartiennent.
Travailler sur une création, préparer votre matériel, écrire, échanger avec quelqu’un, manipuler un outil ou vous déplacer dans votre environnement peut créer des images beaucoup plus naturelles qu’une succession de poses apprises quelques minutes avant la séance.
Julie Rebeix a par exemple réalisé à la fois des portraits et des photos en action dans son atelier.
L’intérêt est double. Elle obtient des images d’elle-même, mais également des photographies capables d’expliquer visuellement ce qu’elle fait.
Vous ne cherchez donc plus uniquement à savoir « où mettre les mains ». Vous êtes occupé à faire quelque chose que vous connaissez.
Votre lieu de travail peut devenir une partie du portrait
Le studio n’est pas la seule possibilité pour réaliser des portraits professionnels.
Photographier une personne sur son lieu de travail permet parfois d’apporter immédiatement du contexte à l’image.
Chez Karine, le lieu faisait directement partie du projet puisqu’il fallait montrer son activité. Chez Julie, la séance s’est également déroulée dans son atelier.
Cela ne signifie pas que le lieu professionnel est toujours préférable. Certains espaces sont trop sombres, trop encombrés ou visuellement peu adaptés. Mais cela mérite d’être étudié avant de décider automatiquement de réaliser tous les portraits sur un fond neutre.
Demandez-vous simplement : est-ce que cet environnement aide à comprendre qui je suis et ce que je fais ?
Vous n’avez pas à inventer seul vos poses
« Je ne sais pas poser » est souvent présenté comme un défaut du modèle.
En réalité, une personne qui ne réalise presque jamais de séance photo n’a aucune raison de connaître spontanément la meilleure position de son corps, l’orientation de son visage ou ce qui fonctionnera avec la lumière présente.
Le guidage fait donc partie du travail.
Il peut s’agir de petits ajustements : tourner légèrement les épaules, déplacer les mains, regarder ailleurs quelques secondes ou reprendre un geste de travail.
Julie explique justement avoir été guidée par moments lorsque cela était nécessaire, sans que la séance soit menée comme une succession d’ordres.
L’objectif n’est pas que vous deveniez expert de la pose. Il est que vous compreniez suffisamment ce que l’on vous demande pour pouvoir oublier progressivement l’appareil photo.
Les échanges avant la séance comptent autant que les premières minutes devant l’objectif
Si vous êtes très mal à l’aise en photo, indiquez-le avant le jour de la séance.
Cela permet d’adapter la préparation. Vous pouvez également expliquer ce que vous n’aimez pas dans les photos habituelles de vous. Certaines personnes trouvent leur sourire forcé. D’autres n’aiment pas être photographiées de très près. D’autres encore ont peur d’obtenir une image trop rigide ou trop éloignée de leur personnalité.
Ces informations sont utiles.
Chez Karine, la préparation a notamment servi à comprendre son parcours, sa profession et la façon dont elle souhaitait apparaître. Chez Julie, plusieurs échanges ont permis d’affiner le besoin avant les prises de vue.
Le naturel n’est donc pas uniquement quelque chose que l’on attend au moment où l’appareil se déclenche. Il se prépare.
Ne cherchez pas à paraître naturel : créez plutôt les conditions pour l’être
C’est probablement le paradoxe principal du portrait.
Plus quelqu’un essaie consciemment d’avoir « l’air naturel », plus il peut devenir raide.
Une meilleure solution consiste souvent à déplacer l’attention. Marchez quelques mètres. Prenez un objet que vous utilisez réellement. Commencez une tâche. Discutez. Tournez-vous vers quelque chose dans la pièce. Reprenez une position qui vous est familière.
Le photographe peut alors travailler autour de ces moments plutôt que de demander en permanence de fixer l’objectif. Cela ne signifie pas qu’aucune photo posée ne sera réalisée. Un portrait frontal peut être très utile. Mais toute la séance n’a pas besoin de reposer sur ce type d’image.
Préparez vos vêtements, mais ne vous déguisez pas
Pour un portrait professionnel, la tenue doit rester cohérente avec l’image que vous souhaitez donner et avec votre métier.
La question n’est pas forcément de porter une tenue plus habillée que d’habitude.
Si vos clients vous rencontrent généralement dans un atelier, une tenue complètement éloignée de votre quotidien peut rendre les images moins crédibles. À l’inverse, certains usages demandent un portrait plus sobre ou plus formel. Préparez éventuellement plusieurs options. Évitez surtout de découvrir cinq minutes avant les prises de vue qu’un vêtement vous gêne, se froisse fortement ou ne correspond pas du tout au décor.
Vous devez pouvoir bouger facilement et ne pas passer toute la séance à penser à votre tenue.
Prévoyez plusieurs types de cadrages
Une bonne série professionnelle peut être plus utile si elle contient plusieurs types d’images.
Vous pouvez avoir besoin d’un portrait serré pour un profil, d’une photographie horizontale pour un site, d’une image plus large dans votre environnement et de quelques photos montrant votre activité.
Pensez également à l’espace disponible autour de vous dans l’image. Une photo destinée à recevoir du texte sur un site ou une publication peut avoir besoin d’une composition différente. Cette réflexion doit idéalement avoir lieu avant la séance.
Ainsi, vous ne faites pas « des photos pour avoir des photos ». Vous constituez une petite bibliothèque d’images utilisables.
Une séance portrait peut être fatigante
C’est un aspect dont on parle moins.
Julie Rebeix a apprécié le fait que du temps soit consacré aux prises de vue et que de nouvelles idées aient continué à émerger pendant la séance. Mais la durée a dépassé ce qu’elle avait initialement prévu.
Elle explique que cette prolongation n’était pas un défaut en soi : elle a même permis de prendre davantage le temps. En revanche, elle aurait aimé savoir que la séance pouvait durer plus longtemps afin de mieux anticiper la concentration nécessaire.
C’est une nuance très utile lorsque vous n’avez pas l’habitude des photos.
Même une séance agréable peut demander de l’énergie. Vous devez écouter les indications, répéter parfois certains gestes, changer de situation et rester attentif.
Si la séance est importante, prévoyez donc une marge dans votre agenda plutôt qu’un rendez-vous urgent juste après.
Faites des pauses si votre visage commence à se crisper
Après un certain temps, la fatigue se voit.
Le sourire devient mécanique. Les épaules se tendent. Vous réfléchissez à nouveau à chaque geste.
Dans ce cas, continuer simplement pour « finir la séance » n’est pas forcément la meilleure solution. Quelques minutes de pause, une discussion ou un changement de situation peuvent permettre de retrouver davantage de spontanéité.
Vous pouvez également commencer par les images les plus simples et garder certaines photos plus dirigées pour le moment où vous êtes déjà habitué à la présence de l’appareil.
Le choix des photos fait aussi partie du travail
La séance terminée, un autre problème apparaît souvent : choisir.
Nous ne regardons pas toujours une photo de nous de la même manière qu’une personne extérieure. Nous pouvons bloquer sur un détail physique tandis que l’image fonctionne parfaitement pour l’usage professionnel prévu.
Julie raconte avoir demandé un échange complémentaire pour être aidée dans son choix. Les hésitations étaient discutées et les photos étaient également évaluées en fonction de ce qu’elle souhaitait en faire.
C’est un bon principe à conserver, même lorsque vous choisissez seul vos images.
Ne demandez pas seulement : « Sur laquelle je me préfère ? »
Demandez aussi : « Laquelle correspond le mieux à l’usage prévu ? »
Une photo naturelle ne signifie pas forcément une photo prise au hasard
Il ne faut pas confondre naturel et absence de préparation.
Une photo peut sembler spontanée alors qu’elle a nécessité le choix d’un lieu, d’un moment, d’un cadrage et d’une situation.
Chez Karine, les images qui paraissent naturelles sont justement issues d’une préparation autour de son métier et de son environnement.
Le résultat n’est donc pas obtenu parce que personne n’a rien préparé. Il vient plutôt du fait que la préparation permet ensuite de créer une situation dans laquelle la personne peut rester elle-même.
Que préparer avant votre séance portrait ?
Vous pouvez déjà arriver avec quelques réponses simples :
- où utiliserez-vous les images ?
- Quelles facettes de votre activité doivent être montrées ?
- Dans quel environnement êtes-vous le plus à l’aise ?
- Quels gestes représentent réellement votre métier ?
- Quelles photos de vous aimez-vous habituellement, et pourquoi ?
- Y a-t-il au contraire des styles d’images que vous ne voulez pas ?
Vous pouvez également prévoir deux ou trois tenues cohérentes et vérifier que votre lieu de travail sera disponible et présentable si la séance s’y déroule.
Vous n’avez pas besoin d’arriver avec vingt poses enregistrées sur votre téléphone.
Votre métier et vos besoins sont déjà une matière beaucoup plus utile.
Vous pouvez ne pas aimer poser et aimer vos portraits
C’est probablement l’enseignement le plus rassurant des expériences de Karine MIRLEAU et Julie Rebeix.
Être mal à l’aise devant l’objectif n’empêche pas d’obtenir des images naturelles et professionnelles.
Mais plutôt que de vous demander de jouer un rôle, la séance doit pouvoir s’appuyer sur des choses qui vous ressemblent : votre environnement, votre manière de travailler, vos gestes et ce que vous souhaitez réellement transmettre.
Karine ne cherchait pas des images figées. Elle voulait des photographies capables de représenter sa pratique. Julie avait besoin de portraits mais aussi de photos en action dans son atelier.
Dans les deux cas, les images devaient servir la communication professionnelle avant de simplement « faire joli ».
Lorrie Vallier Photographe, entreprise labellisée Zéro Doute, réalise notamment des portraits professionnels et des photographies en situation.
Découvrir Lorrie Vallier Photographe sur Zéro Doute.