Logo : quels fichiers demander à un graphiste à la fin du projet ?
Votre nouveau logo est validé. Il vous plaît, les couleurs sont bonnes et vous avez reçu plusieurs fichiers dans un dossier. Mais quelques mois plus tard, un imprimeur vous demande un fichier vectoriel. Ou vous essayez de placer votre logo sur un fond coloré et un rectangle blanc apparaît derrière. C’est souvent à ce moment-là qu’une question toute simple se pose : quels fichiers faut-il réellement récupérer après la création d’un logo ?

En bref
Pour utiliser un logo dans la plupart des situations, il est utile de disposer de plusieurs formats complémentaires. Un SVG permet notamment d’agrandir le logo sans perdre en netteté. Un PNG avec fond transparent est pratique pour le web et de nombreux documents. Un JPG est facile à ouvrir et à partager. Un PDF vectoriel peut être utile pour l’impression.
Mais le plus important n’est pas de collectionner les extensions de fichiers. Il faut comprendre à quoi elles servent et vérifier, avant la fin du projet, que les versions remises correspondent à vos futurs usages.
Un détail de livraison peut devenir gênant plusieurs mois plus tard
Ce sujet peut sembler très technique. Pourtant, il part d’un problème très concret.
Lors d’un audit client réalisé par Zéro Doute auprès de Lulu Communication, entreprise labellisée dans le domaine du graphisme et de la communication, Mélanie ENAULT est revenue sur un travail comprenant notamment une modification de logo et une remise en place de la charte graphique.
Son retour global était positif. Lorsqu’on lui a demandé ce qui aurait pu être amélioré, elle a simplement indiqué qu’elle aurait aimé que les différents formats de fichiers remis à la fin lui soient expliqués un peu plus tôt. Elle précise elle-même qu’il s’agit d’un détail.
Mais ce détail est intéressant.
Au moment de valider un logo, on regarde naturellement le résultat visuel. Beaucoup moins la manière dont on pourra l’utiliser six mois ou trois ans plus tard.
Or un logo destiné à une signature de mail, à une enseigne de plusieurs mètres ou à un document envoyé chez un imprimeur ne pose pas exactement les mêmes contraintes.
Fichier vectoriel ou image en pixels : la différence à comprendre en premier
Pour simplifier, les fichiers de logo peuvent être séparés en deux grandes familles.
Un fichier vectoriel ne construit pas le dessin avec une grille fixe de petits points. Il décrit les formes qui composent le logo. Il peut donc être fortement agrandi tout en conservant des contours nets.
C’est particulièrement utile si votre logo doit un jour apparaître sur une grande affiche, une enseigne, un véhicule ou un autre support de grande taille.
À l’inverse, une image comme un PNG ou un JPG est composée de pixels. Elle possède donc des dimensions précises.
Si vous disposez d’une petite image de 500 pixels de large et que vous essayez de l’imprimer sur une bâche de plusieurs mètres, le résultat risque de devenir flou ou pixelisé.
Cela ne veut pas dire que le PNG ou le JPG sont de mauvais formats. Ils répondent simplement à d’autres besoins.
SVG : le fichier à conserver pour pouvoir agrandir le logo
Le SVG est un format vectoriel particulièrement utile pour un logo.
Il permet de conserver les formes du dessin sans les transformer en une image de taille fixe. Il peut notamment être utilisé sur le web et dans différents logiciels capables de lire les fichiers vectoriels.
Pour une entreprise, l’intérêt est surtout de ne pas dépendre d’une version minuscule du logo.
Vous avez besoin demain d’un pictogramme sur votre site ? D’un marquage beaucoup plus grand quelques années plus tard ? Le fichier vectoriel vous laisse davantage de possibilités.
Tous les outils ne lisent cependant pas forcément le SVG. Il ne remplace donc pas les autres formats.
PDF vectoriel : pratique notamment pour certains besoins d’impression
Un PDF peut également être remis pour faciliter les échanges avec un imprimeur ou un prestataire.
Attention toutefois à un raccourci fréquent : un fichier portant l’extension PDF n’est pas automatiquement vectoriel.
Un PDF peut très bien contenir une simple image.
Si l’objectif est de conserver les formes vectorielles du logo, mieux vaut donc demander clairement un PDF vectoriel plutôt que de considérer que n’importe quel PDF fera l’affaire.
L’avantage du PDF est aussi sa facilité d’échange. De nombreux professionnels savent l’ouvrir et l’utiliser sans avoir besoin du logiciel qui a servi à créer le logo.
PNG : très pratique quand vous avez besoin d’un fond transparent
Le PNG est l’un des fichiers que vous utiliserez probablement le plus au quotidien.
Il convient bien à de nombreux usages numériques : site internet, présentation, document, visuel pour les réseaux sociaux ou signature de mail.
Son autre intérêt important est qu’il peut conserver de la transparence.
Concrètement, le fond autour de votre logo peut rester transparent. Vous pouvez donc poser celui-ci sur un fond coloré ou sur une photo sans voir apparaître automatiquement un rectangle blanc autour.
Il est souvent utile de disposer au minimum d’une version PNG suffisamment grande pour ne pas se retrouver limité lors d’une utilisation future.
JPG ou JPEG : simple à utiliser, mais pas comme fichier principal
Le JPG est extrêmement courant. Presque tous les appareils et logiciels savent l’afficher.
C’est pratique pour envoyer rapidement un aperçu ou intégrer une image à certains documents.
En revanche, le JPG ne gère pas la transparence et sa compression peut réduire la qualité de l’image. Comme il s’agit d’une image en pixels, il n’est pas non plus adapté à tous les agrandissements.
Il peut donc faire partie du dossier de livraison, mais il vaut mieux éviter qu’il constitue votre seule version du logo.
Recevoir uniquement un petit JPG devrait au minimum vous pousser à demander si d’autres fichiers existent.
Les variantes du logo comptent presque autant que les formats
Avoir plusieurs extensions ne règle pas tout.
Imaginez que votre logo habituel comporte des éléments foncés. Le jour où vous souhaitez le placer sur un fond noir, certains éléments peuvent devenir invisibles.
Une livraison complète peut donc prévoir, lorsque le logo a été conçu pour cela, plusieurs déclinaisons : la version principale en couleur, une version adaptée aux fonds foncés, une version noire ou monochrome, ou encore une version simplifiée.
Il peut également exister une disposition horizontale, verticale ou un symbole pouvant être utilisé seul.
Là encore, il n’existe pas une liste universelle à réclamer systématiquement. Tout dépend du logo réellement conçu et de vos usages.
L’essentiel est de poser la question avant d’en avoir besoin.
Et le fichier source du graphiste ?
Le fichier source est le fichier de travail utilisé pour construire le logo. Il permet généralement d’aller plus loin dans les modifications qu’un simple PNG ou JPG.
Mais il ne faut pas supposer qu’il sera automatiquement remis.
Avant le début du projet, ou au plus tard avant la livraison, demandez simplement ce qui est compris : quels fichiers seront fournis, si un fichier source modifiable fait partie des livrables et avec quels outils il pourra être ouvert.
Cela évite de découvrir plusieurs années plus tard que vous avez besoin d’un élément que vous pensiez avoir reçu.
La charte graphique aide aussi à comprendre quoi utiliser
Un dossier rempli de fichiers nommés « logo_final », « logo_final2 » et « logo_definitif_ok » n’aide pas beaucoup si personne ne sait lequel choisir.
Une charte graphique, même courte, peut servir de mode d’emploi.
Elle peut par exemple préciser les couleurs utilisées, les typographies, les différentes versions du logo et les situations dans lesquelles elles sont prévues.
Pour une petite entreprise, il n’est pas toujours nécessaire d’avoir un document de cinquante pages. Quelques indications claires peuvent déjà éviter beaucoup d’erreurs.
Que vérifier avant de clôturer votre projet de logo ?
Avant de ranger définitivement le dossier dans votre ordinateur, prenez quelques minutes pour contrôler les points suivants :
- avez-vous au moins un fichier vectoriel utilisable, par exemple en SVG ;
- disposez-vous d’un PNG avec fond transparent ;
- les fichiers sont-ils fournis dans une définition suffisante pour vos usages ;
- avez-vous les variantes nécessaires sur fond clair et sur fond foncé lorsqu’elles existent ;
- les noms de fichiers permettent-ils de comprendre facilement quelle version utiliser ;
- savez-vous quels fichiers transmettre à un imprimeur ou utiliser sur le web ;
- savez-vous si un fichier source modifiable est compris dans la prestation ;
- disposez-vous des informations essentielles sur l’utilisation du logo et de ses différentes versions.
Cette vérification prend beaucoup moins de temps que de rechercher un ancien prestataire en urgence parce qu’un imprimeur vient de refuser le seul fichier que vous avez retrouvé.
Faut-il vraiment demander SVG, PDF, PNG et JPG à chaque graphiste ?
Pas forcément.
Une entreprise qui utilise principalement son identité en ligne n’aura pas exactement les mêmes besoins qu’une société qui fait régulièrement imprimer des panneaux, des vêtements, des véhicules ou de grands supports.
Le bon réflexe consiste donc moins à imposer une liste qu’à expliquer vos usages.
Dites à votre graphiste ce que vous envisagez : site internet, réseaux sociaux, cartes de visite, documents commerciaux, enseigne, textile, impression grand format…
Il pourra alors préparer des fichiers adaptés.
Et si certains usages ne sont pas encore prévus, disposer au minimum d’un bon fichier vectoriel et d’une version adaptée aux usages numériques vous évitera déjà de nombreuses limitations.
Petit lexique
- Vectoriel : dessin construit à partir de formes qui peuvent être agrandies sans devenir pixelisées.
- SVG : format vectoriel particulièrement adapté aux logos et aux usages numériques compatibles.
- PNG : format d’image en pixels pouvant notamment conserver un fond transparent.
- JPG ou JPEG : format d’image très répandu et compressé, mais sans fond transparent.
- PDF vectoriel : PDF dans lequel les éléments du logo ont été conservés sous forme vectorielle plutôt que simplement insérés comme une image.
Un bon fichier de logo doit surtout être utilisable
La création ne se termine pas au moment où le client dit : « Le logo me plaît. »
Il faut aussi qu’il puisse s’en servir.
C’est ce que le retour recueilli auprès de Mélanie ENAULT rappelle de manière très concrète : expliquer les fichiers remis peut sembler secondaire pendant la création, mais cette information prend toute son importance une fois que le client se retrouve seul avec son dossier.
Avant de clôturer un projet graphique, demandez donc une chose très simple : quels fichiers vais-je recevoir, et à quoi sert chacun d’eux ?
Quelques minutes d’explication peuvent éviter beaucoup de problèmes plus tard.